PROSPECTIVE MAROC 2030 -  AGRICULTURE 2030

Forum de discussion de cette prospective: www.forum-alenam.c.la


PREAMBULE 


INTRODUCTION


CHAPITRE 1: L’AGRICULTURE MAROCAINE AUJOURD'HUI : CONSTATS ET ENJEUX


CHAPITRE 2: DEFICITS DE GOUVERNANCE ET CHOCS EXTERNES : UN REGARD RETROSPECTIF SUR LES CAUSES DE FRAGILITES


CHAPITRE 3: FACTEURS DE CHANGEMENT, TENDANCES LOURDES ET INCERTITUDES


CHAPITRE 4: TROIS SCENARIOS AGRICOLES A L’HORIZON 2030


CONCLUSION : AGRICULTURE 2030 : UNE INVITATION A L’ACTION


ANNEXE : TENDANCES ET SITUATION DE L’AGRICULTURE ET DE SON ENVIRONNEMENT


LISTE DES FIGURES


LISTE DES ENCADRES


REFERENCES BIBLIOGRAPHIQUES

 

 

INTRODUCTION:
 

Le Maroc est un pays en transition démographique, économique et politique. Les défis auxquels il est confronté sont considérables. L’agriculture y occupe une place importante au plan économique, social et environnemental. Premier secteur créateur de richesses et employeur le plus important du pays, elle est aussi le principal utilisateur et le responsable le plus direct de la gestion des ressources naturelles renouvelables.


L’agriculture va connaître des changements de fond au cours du prochain quart de siècle qui se répercuteront sur l’ensemble de l’économie et de la société, ainsi que sur les territoires, les ressources naturelles et l’environnement. La mondialisation, les accords de libre échange récemment signés et la dynamique de libéralisation ouvrent considérablement le champ des possibles et peuvent favoriser des progrès structurels majeurs. Cependant la libéralisation menace en même temps des pans entiers de l’agriculture dont de nombreuses composantes pourraient manquer le train de la compétitivité. Le changement climatique, par ses conséquences sur les ressources en eau et sur la désertification, va aussi fortement peser sur l’agriculture nationale et accentuer les risques de rupture.
 

Les évolutions agricoles pourraient cependant être très différenciées selon la manière dont l’ouverture sera gérée et accompagnée ou non de mesures de politiques. Les changements pourront être subis, avec toutes leurs conséquences. Les attitudes seront alors réactives et on s’adaptera comme on le pourra, souvent assez mal. Mais ils pourront aussi être maîtrisés, anticipés, valorisés, grâce à des marges de manœuvre que l’on aura su se ménager à temps afin d’éviter les effets les plus négatifs et mieux tirer profit des nouvelles opportunités. Cela signifie que des stratégies et des réformes auront été mises en place avec une vision à long terme des objectifs à atteindre.
 

Pour donner aux acteurs et aux décideurs des éléments qui leur permettront de débattre des évolutions possibles de l’agriculture et des conséquences qui pourraient en résulter sur le pays et de s'engager sur les choix qui pourraient favoriser ce qu'ils jugent être les devenirs les mieux en mesure de répondre aux défis, « Agriculture 2030 » a été structurée en quatre chapitres et une annexe.
 

Le premier chapitre dresse un constat succinct de la situation et des problématiques de l’agriculture marocaine. Quelle place tient l’agriculture au Maroc, quelles sont ses principales fonctions et responsabilités économiques, sociales, environnementales, territoriales ? En quoi, malgré les progrès enregistrés, ses performances sont-elles encore insuffisantes ? Pourquoi le développement actuel peut-il être considéré comme peu durable? En quoi l’agriculture est elle confrontée aux conséquences progressives de la mondialisation et de la libéralisation des échanges et en quoi l’ouverture pourrait amener à des changements de fond ? Quels sont les principales difficultés rencontrées et risques à prendre en compte? Mais quels sont aussi les atouts du pays et en quoi le potentiel agricole et rural du pays est-il important ? Quels sont en conclusion les grands enjeux qui se posent au pays dans un contexte international et régional en évolution rapide et incertaine ?
 

Ce constat nous conduit à une interrogation : comment le secteur en est-il arrivé là ? Pour y répondre, on plonge dans une analyse rétrospective concise. On se demande pourquoi les politiques agricoles successives n’ont pas permis de meilleures performances. Comment a évolué la base foncière du système productif ? Quels facteurs ont facilité ou freiné les progrès technologiques et la compétitivité ? Comment les populations rurales se sont-elles adaptées aux insuffisances des revenus de l'agriculture ? Pourquoi les populations rurales sont-elles restées socialement en retard? On s’interroge parallèlement sur l'évolution du contexte régional et mondial et sur les « chocs » qui ont contribué aux difficultés rencontrées : les sécheresses, l'évolution démographique, la rapidité d’évolution du contexte économique mondial. On retire de cette analyse rétrospective sur la longue durée quelques grandes leçons et on s'interroge sur leur pertinence pour expliquer la situation actuelle et pour interpréter les tendances.


Ces leçons nous amènent à une interrogation sur les facteurs déterminants qui pourraient influencer les futurs possibles. S'il faut en effet retenir les enseignements du passé pour choisir les politiques du futur, on ne doit le faire qu'en les confrontant aux facteurs de changement qui pourront aussi bien ouvrir de nouvelles opportunités que créer de nouvelles contraintes. L’accent est ainsi mis sur les tendances lourdes et facteurs de changement qui vont conditionner les évolutions agricoles du pays : le changement climatique et technologique, la mondialisation, la coopération régionale, la croissance démographique, l’évolution des modes de vie, celle de la demande alimentaire et de la demande en eau et en espace. L’ampleur des incertitudes est soulignée et, le cas échéant, des hypothèses sont établies. L’importance des politiques est également mise en avant, différents scénarios pouvant être imaginés en fonction de leur capacité à gérer et accompagner l’ouverture.
 

Le 4ème chapitre est consacré au développement des 3 scénarios choisis : le scénario S1 de l’ouverture subie et des politiques réactives, le scénario S2 de l’ouverture accélérée avec politiques ultralibérales et filet social et enfin le scénario S3 d’ouverture maîtrisée et de nouveau pacte agricole et rural. Les hypothèses et les cheminements et conséquences possibles des 3 scénarios sont présentés, étant bien précisé que les scénarios ne sont ni des prévisions ni des projections ; leur fonction étant de donner des images contrastées des futurs possibles afin de permettre à ceux qui en prennent connaissance de bien voir quelles seraient les conséquences les plus poussées de tel ou tel enchaînement d'options et d'évènements.


Ce 4ème chapitre se termine par une discussion sur les scénarios. La comparaison des scénarios permet de montrer combien ceux-ci répondent à des logiques différenciées. On prend la précaution de préciser que d’autres scénarios sont possibles et que les incertitudes, souvent très sérieuses, peuvent conduire vers d'autres bifurcations. La possibilité d’un scénario 2 Bis, moins inacceptable que les scénarios S1 et S2 est discutée. On souligne combien la transition vers un scénario S3 demanderait d’importants changements et en quoi une telle transition mériterait d’être soutenue par un renforcement structurel de la coopération régionale.


L’ensemble du document s’appuie sur l’annexe qui regroupe un certain nombre d’informations sur les tendances et la situation de l’agriculture et de son environnement.

 


Document mis en ligne par L'Association des lauréats de l'École Nationale d'Agriculture de Meknes

www.ingenieurs-enam.org